Pays d’intervention HAÏTI

Haïti est un pays fondé il y a 200 ans par des esclaves révoltés.

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C’est une île et un pays des grandes Antilles occupant le tiers occidental de l’île Hispaniola soit 28000 km² peuplée d’environ 10 millions d’habitants.

Cette dernière devint en 1804 la première république et le seul pays francophone indépendant des caraïbes de population majoritairement noire après la révolution haïtienne.

L’économie d’Haïti est tournée vers l’agriculture: coton, café…

Dans cette société fragilisée par l’instabilité politique et sociale et une pauvreté extrême, les enfants vulnérables le sont plus qu’ailleurs.

Les familles vivent dans un tel marasme économique, qu’elles ne peuvent subvenir aux besoins essentiels et vitaux de leurs enfants, et s’occuper d’eux.

Avant le séisme le nombre d’enfants orphelins et abandonnés atteignait des chiffres alarmants.

L’école, la famille et les structures familiales demeurent les portes d’entrées principales pour protéger ces enfants en danger et les aider à reprendre une place dans la société. Le droit à la vie est donc un vrai défi en Haïti.

Quelques chiffres:

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79% des écoles n’ont pas d’électricités

42% des écoles n’ont pas l’eau courante

70% de chômage dans les villes

70 à 80% de la population est analphabète

38% des haïtiens ont moins de 14 ans

54% dans la pauvreté la plus abjecte

80 % de la population est sous le seuil de la pauvreté

300.000 enfants travaillent comme esclaves en Haïti

50.000 orphelins

380.000 avec un parent

 

Les Espagnols s’installent

 

 

 

En 1508, Santo Domingo devient le siège de la vice-royauté des Amériques et le centre de la colonisation espagnole.

Désireux de s’enrichir au plus vite avant de rentrer chez eux, les premiers Espagnols reçoivent des terres avec le droit de faire travailler les Indiens qui y vivent. C’est le principe du repartimiento. L’extraction de l’or dans le sous-sol et les rivières s’avère dans un premier temps très productif, jusqu’à fournir 500.000 écus d’or par an à l’Espagne.

Les esclaves africains remplacent les Indiens dans les plantations et les gisements d’or.

Indiens survivants et Noirs ne manquent pas de se révolter. C’est ainsi qu’un cacique (chef indien) du nom d’Henri se réfugie dans les montagnes parvient à maintenir son indépendance pendant 13 ans. C’est le début du marronnage, nom donné aux fuites d’esclaves dans la forêt (de l’espagnol cimarrón, qui signifie esclave noir fugitif).

La population autochtone disparaît en quelques décennies. Quelques Indiens se fondent par métissage avec les nouveaux arrivants d’Europe et d’Afrique.

En 1535, le gouverneur Nicolas Ovando fait venir des plants de canne à sucre des îles Canaries et encourage leur plantation pour compenser l’épuisement des gisements aurifères.

Les flibustiers livrent l’île à la France

Au XVIIe siècle, des boucaniers français commencent à s’installer sur l’île voisine de la Tortue. Eux-mêmes se dénomment pompeusement les «Frères de la côte». Ce sont des chasseurs. Ce sont aussi des pirates et des corsaires qui s’en prennent aux galions espagnols. Leur présence (ils sont près de 3.000) attire l’attention de Richelieu. Le 31 août 1640, les flibustiers français expulsent leurs rivaux anglais de la Tortue et débarquent sur le nord de l’île d’Hispaniola.

Sous l’autorité française, les plantations prospèrent sous le climat tropical de l’île : café, tabac, cacao, indigo… Mais la canne à sucre (véritable or blanc du XVIIIe siècle), tend à l’emporter sur les autres cultures. Un gouverneur, Bertrand d’Ogeron, fait venir des «engagés» européens pour travailler dans les plantations aux côtés des esclaves africains et dans les mêmes conditions. À la différence des Africains, ces hommes surnommés «Bas-Rouges» sont rémunérés et libérés au bout de 36 mois. Mais les planteurs ne tardent pas à renoncer à cette main-d’oeuvre qui supporte mal le climat tropical.

En 1697, le roi Louis XIV se fait céder légalement la partie occidentale d’Hispaniola par le traité de Ryswick qui met fin à la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Cette acquisition marque le véritable commencement des ambitions coloniales de la France.

Une colonie prospère

De son nom officiel «côtes et îles de Saint Domingue en l’Amérique sous le vent», la colonie devient très vite la plus prospère des possessions françaises d’outre-mer grâce à ses plantations de café et de canne à sucre.

À la veille de la Révolution française, Saint-Domingue assure près des 3/4 du commerce mondial de sucre ! En 1788, son commerce extérieur, évalué à 214 millions de francs, est supérieur à celui des États-Unis.

La colonie compte près de 600.000 habitants, dont 40.000 affranchis, essentiellement des mulâtres, et 500.000 esclaves noirs.

Les affranchis n’ont pas les mêmes droits que les colons mais bénéficient d’une certaine aisance et sont parfois même propriétaires d’esclaves.

La majorité des esclaves sont nés en Afrique. Ils ont été introduits dans l’île dans le cadre de la traite, nom donné au trafic d’esclaves pratiqué par les Européens, au rythme effarant de 30.000 par an dans les années précédant la Révolution.

Dans le même temps, la partie espagnole de l’île, Santo Domingo, dépérit et compte à peine quelques dizaines de milliers d’habitants.

De l’insurrection à l’indépendance

Le sort de l’île est bouleversé par la Révolution française. Le 15 mai 1791, à Paris, l’Assemblée nationale accorde timidement le droit de vote à certains hommes de couleur libres. Cette demi-mesure inquiète les colons blancs de Saint-Domingue qui songent à proclamer leur indépendance. Elle ne satisfait pas davantage les affranchis. Les uns et les autres s’affrontent violemment.

Les commissaires de la République française Sonthonax et Polverel se résignent à proclamer la liberté générale des esclaves. Voyant cela, certains planteurs appellent les Anglais à leur secours.

Heureusement pour la France, le chef noir Toussaint Louverture quitte le camp espagnol pour celui de la France révolutionnaire. Avec le grade de général, il combat les Anglais et les chasse de l’île. La prospérité ne tarde pas à revenir. Il est vrai que le nouveau maître de l’île oblige ses frères de couleur à travailler comme salariés dans les plantations dont ils étaient auparavant les esclaves !

Le 8 juillet 1801, Toussaint Louverture proclame l’autonomie de l’île et se nomme Gouverneur général à vie de la nouvelle République. Le Premier Consul ne goûte guère cette initiative. Il arme une puissante expédition pour y mettre fin. Son échec permettra aux successeurs de Toussaint Louverture de proclamer leur indépendance pour de bon le 1er janvier 1804.